L’observatoire des vagues

Tags:

De chaque voyage, on retient une impression générale d’où émergent quelques moments plus intenses. Parmi eux quelquefois, certains dont on sait d’emblée qu’on se souviendra toujours. Même lorsque nous ne serons plus capable de les situer dans le temps, ou nous en remémorer le contexte exact, il restera cette photographie mentale et toutes les sensations qui lui sont liées.

De l’île Maurice, je n’oublierai jamais notre plongée parmi les dauphins… ni ce moment où je suis arrivée à flanc de falaise, à quelques mètres au-dessus de ces vagues, au sommet de la Roche qui pleure. C’était le dernier jour. Nous avions débarqué à huit heures sur le port, mais notre avion ne repartait que le soir. Nous n’avions pas vraiment pris le temps d’organiser cette journée, et avons donc loué les services d’un guide à la journée qui nous a promené sur la côte jusqu’au soir.

Là d’où je viens, en Normandie, nous en avons pourtant des vagues. Un jour sur deux, la mer est moutonnante et je n’aime rien tant que me baigner dans les gros rouleaux qu’elle dépose parfois sur le rivage. Souvent, elles sont liées au mauvais temps. Des vagues comme celles-ci, qui se fracassent à toute volée contre la roche, sous un ciel totalement dégagé, je n’avais jamais vu ça. Mes photos, malheureusement, ne leur rendent pas justice. Il leur manque également la sonorité très particulière des rouleaux qui s’abattent sur l’eau.

Je suis persuadée qu’on peut en voir d’aussi belles dans de nombreux endroits du monde, y compris sous nos cieux français (les surfeurs pourraient me citer, je suis sûre, au moins cinq ou six spots à moins de huit heures de Paris sans avoir à se creuser la tête). Mais imaginez un peu : vous gravissez une colline en vous faufilant parmi les arbres sans la moindre idée de ce qui vous attend au bout, et soudain vous voilà nez à nez avec cette falaise, qui s’avance sur la côte comme la proue d’un bateau.

La falaise, surmontée d’une sorte de terreplein, vous permet d’avancer jusque là où l’écume vient lécher la roche. Et même votre visage si vous ne souffrez pas trop de vertige. Debout, quand vous regardez en bas, juste un peu plus loin que vos pieds, il n’y a plus que le remous vagues, les embruns et ce silence incroyable, aussi bruyant qu’un coup de tonnerre, mais qui est quand même du silence. Au loin, vous pouvez voir les rouleaux se former près de la barrière de corail. Avez vous parfois cette impression, pendant un concert, que la musique a pris toute la place, en vous, tant et si bien qu’elle vous empêche de réfléchir, presque de respirer? C’est une sensation comparable.





Mon capitaine

Tags:

croisiere-maurice-dream-000

Ce n’est pas tant la destination qui m’a poussé à valider ma commande auprès de l’agence de voyage, que la nature même du séjour : une semaine complète sur un bateau avec la quasi certitude qu’il ferait beau temps.

La vie sur un voilier est pleine de particularités : le confort y est plutôt sommaire (même si, dans le cas du catamaran dans lequel nous avons vécu pendant une semaine, il était porté au maximum); l’espace réduit et la promiscuité induisent une façon différente de vivre ensemble ; il faut économiser l’eau au maximum et se contenter de toilettes de chat, penser aux provisions, accepter la dépendance au vent et à la météo…

Une grande partie de la vie à bord tourne autour de la navigation proprement dite : le vent est un sujet de discussion à part entière et la nature des poissons qu’on peut pêcher ici plutôt que là a quelquefois son importance dans le choix de la route. Si l’on compte dessus en tout cas pour se faire à dîner. Ainsi, chaque traversée, si courte soit-elle, est une petite aventure en soi. J’aime ce rythme plein de lenteur et d’incertitudes.

Et pourtant, quelle que soit la taille du bateau, vous aurez toujours assez de place pour la contemplation, les pensées ou la rêverie : pour une fois, on peut s’isoler dans sa tête sans que personne n’en prenne ombrage. Le temps, sur le pont, s’écoule à son rythme, avec une lenteur qu’on ne peut éprouver ailleurs, émaillée de pics d’activité où chacun doit pouvoir réagir à la seconde où on le sollicite, ce qui vous maintient dans un drôle d’état d’esprit qui m’évoque un peu les sommeils de chats, d’apparence si profonds, mais qui se brisent nets à la moindre alerte.

Ici, c’était un peu différent puisque nous n’étions là que pour être dorlotés, et c’est quelque chose qui m’a beaucoup manqué, en fait, de ne pas participer à la vie de l’équipage, même si j’ai pu profiter d’autant plus pleinement des longues siestes au soleil sur le pont, pendant les traversées. En même temps, cette place d’observatrice forcée m’a donné beaucoup à voir, moi qui n’étais jamais montée plus que quelques minutes sur une embarcation de cette taille : certaines choses me ravissaient comme les mécanismes spéciaux pour hisser ou affaler les voiles, les winches automatiques qui vous préservent du moindre effort. Et j’ai aimé m’apercevoir, au fond, que la taille du bateau n’est pas de si grande importance, un voilier reste un voilier : le vent, les voiles, la barre.

Je repense aussi à ces longues discussions avec le skipper, que j’ai bombardé de questions pendant tout le voyage, qui m’a raconté mille détails et appris plein de choses (le revêtement silicone pour faciliter les carénages, la façon de préparer un poulpe, les astuces pour faire venir le poisson ou l’intérêt des panneaux solaires).

J’ai aimé la cuisine, enfin. D’abord parce qu’on y est contraint à la simplicité et qu’au fond, c’est cette gastronomie que je préfère. Mais surtout, la cuisine, en bateau, a toujours ce goût un peu spécial des repas préparés avec des instruments aléatoires qui ne répondent jamais, comme nos plaques de cuisson domestiques, à ce qu’on attend d’elles : le riz un rien trop cuit, les bananes qui ne parviennent pas à flamber pour on ne sait quelle raison, la sauce qui ne veut pas réduire…

Je pourrais continuer longtemps, comme cela : parler de la sensation des draps sur la peau qui garde toujours un peu de sel, des cheveux qui ondulent comme nulle part ailleurs, à croire qu’ils se savent en vacances ; du clapotis de l’eau contre la coque qui berce les uns et indispose les autres et de cette impression, un peu d’être en colo ; du chant des haubans au mouillage ; de tous ces instants où il se passe un petit quelque chose, sur l’eau (des dauphins, une tortue, un poisson volant) et où l’attention de chacun se détourne soudain vers le même horizon. Il y aurait tant de choses, encore, à dire. Mais j’aurai, je le sens, plein d’autres occasions pour cela.

Plus que jamais, je l’ai senti pendant cette semaine : rien, comme la vie à bord, ne me donne aussi bien la sensation d’être en voyage.

croisiere-maurice-dream-001

croisiere-maurice-dream-003

croisiere-maurice-dream-006

croisiere-maurice-dream-008

croisiere-maurice-dream-009

croisiere-maurice-dream-012

croisiere-maurice-dream-013

croisiere-maurice-dream-011

croisiere-maurice-dream-014

croisiere-maurice-dream-015

croisiere-maurice-dream-016

croisiere-maurice-dream-017

croisiere-maurice-dream-019

croisiere-maurice-dream-021

croisiere-maurice-dream-022

Oh Jimmy !

Tags:

jimmy-fairly-001

Petite interruption du programme mauricien pour vous parler de cette collaboration avec une jolie marque toute jeune qui mérite de faire parler d’elle : Jimmy Fairly, c’est un opticien en ligne.

J’en avais parlé il y a un moment, de cette petite passion que je nourris pour les lunettes bien qu’aucune nécessité ne m’oblige à en porter. À l’époque, mon billet avait soulevé pas mal d’indignation. Mais tant pis, je persiste : j’aime la façon dont les lunettes peuvent modifier radicalement l’apparence, un peu comme une nouvelle coupe de cheveu. Ce qu’elles révèlent ou dissimulent sur un visage.

Lorsque Sacha et Antonin, les deux créateur de Jimmy Fairly m’ont proposé de travailler à une édition limitée spécialement pour Cachemire & Soie, je n’ai pas hésité. Toutes les personnes autour de moi pourront en témoigner : voilà un petit moment qu’elles ne quittent plus mon nez. Elles sont trèèèès confortables (je peux les porter toute la journée sans ressentir aucune gêne) et la version solaire a passé haut la main le test « navigation côtière à l’Ile Maurice » ce qui me semble plutôt bon signe.

Vous pourrez les trouver ici, sur le site de Jimmy Fairly. Il y a un petit logo « Cachemire & Soie » sérigraphié sur la face interne des branches. Comme je vous le disais, je ne porte pas de correction, mais d’après ce que l’ai compris, leurs prix ne sont vraiment pas très élevés. Et cerise sur le gâteau, pour chaque paire achetée, une paire est offerte à une personne dans le besoin. Pour choisir vos lunettes, il suffit de sélectionner les quatre paires qui vous plaisent le mieux, de les essayer tranquillement chez vous et de retourner la boîte en spécifiant votre choix (ainsi que la nature de la correction dont vous avez éventuellement besoin) et voilà.

Ah, et il se passe un truc terrible, avec ces lunettes. Les lunettes de vue, je dois m’obliger à ne pas trop les porter pour ne pas habituer les gens à me voir avec elles : j’ai l’impression que je suis mieux avec que sans. Enfin. Demain, promis, on retourne se la couler douce dans les îles (ce blog n’aura pas été aussi alimenté depuis un bon moment, mais c’est bien, je suis contente)!

jimmy-fairly-002

jimmy-fairly-003