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La délicate question financière

Lorsque j’étais petite, j’ai habité une année durant chez ma grand-mère. Je devais avoir trois ans et de cette année-là me restent certains de mes souvenirs gustatifs les plus vifs.

En premier, je place la glace au cassis de monsieur Landoas en rentrant du cours de natation de monsieur Jean. En second, viennent les tartines beurrées-confiturées du matin et le thé servi dans la tasse à fleurs bleues des jours où j’avais été sage, ex-eaquo avec les nounours Haribo achetés au bureau de tabac du coin, avec une nette préférence pour les noirs à la réglisse.

En troisième, je me demande si ce ne sont pas les sucre d’orge à la pomme qui coupaient la langue aussi sûrement que des lames de rasoir… à moins que ce ne soient les financiers.

Dorés aux quatre coins, peau craquante et cœur moelleux… Je revois encore les lingots alignés sous nos yeux pétillants de gourmandise. Je le préférais légèrement noirci autour, alors que grand-maman, en bonne connaisseuse, choisissait plutôt le sien parmi les plus dorés. Quelquefois légèrement ambré peut-être, jamais davantage.

C’est de cette époque que date sans doute ma passion pour les financiers. Et comme toutes les belles choses qui peuplent nos souvenirs, je craignais d’égratigner ma mémoire si je tentais d’en confectionner à mon tour: comment rivaliser avec des pâtisseries minutieusement embellies par trente ans d’imaginaire? C’est en tombant, dans je-ne-sais-plus quel magazine, sur une recette de financiers à la pistache, que j’ai enfin pu réinventer une nouvelle histoire financière sans risquer de blesser mon mythe personnel.

Mais d’abord, il a fallu mener une investigation poussée pour comprendre comment obtenir le fameux croquant/moelleux. Pour finir, j’ai trouvé mon bonheur principalement chez cuisine campagne (un de mes blogs gourmands favoris) qui donne la réponse à toutes les questions qu’on se pose sur la réalisation des financiers. Et même, la réponse à toutes celles qu’on ne se pose pas, pour tout dire. Côté ingrédients, je n’ai pas résisté à l’envie d’essayer avec mes propres proportions en fonction de ce que j’avais sous la main. Voici donc la recette à laquelle je suis parvenue et qui donne des résultats plutôt satisfaisants.

Pour 4 à 6 financiers:
70 gr de poudre d’amandes
60 gr de poudre de pistaches
30 gr de farine (à la louche)
90 gr de sucre glace
2 oeufs
90 gr de beurre doux
1 pincée de fève tonka
Sel

1. Assurez-vous que les œufs soient à température ambiante et lorsque c’est le cas, préchauffez le four à 190°. Séparer les blancs des jaunes. Réservez les jaunes pour une autre recette, ils ne sont d’aucune utilité dans les financiers. Battre gentiment les blancs afin d’obtenir une légère mousse (arrêtez avant qu’ils ne montent en neige).

2. Faites fondre le beurre à feu très doux. Si vous en avez le courage, suivez ces instructions pour obtenir du beurre clarifié. Dans ma recette, je me suis contentée de faire fondre le beurre sans le clarifier.

3. Réduire en poudre les amandes et les pistaches. Si elles sont déjà en poudre, redonnez quelques coups de mixer (mais attention à stopper avant que la poudre ne se transforme en pâte). Dans une poêle à feu moyen, torréfiez le mélange pendant quelques minutes.

4. Mélangez la farine, les poudres d’amande et de pistache, le sucre glace, le sel (ou pas, selon vos goûts) et une pincée de fève tonka. Tamisez pour obtenir une poudre très fine. Autant vous le dire, ça prend du temps, mais ça vaut la peine.

5. Ajoutez au mélange tamisé les blancs battus, puis le beurre fondu. Répartissez l’appareil sans les moules et enfournez pour une petite quinzaine de minutes (vérifiez la cuisson, elle dépend beaucoup de la taille de vos moules). Laissez refroidir. C’est prêt.

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21 réflexions sur “La délicate question financière”

  1. Tiens, je n’aurais jamais pensé à ajouter de la pistache… Ta recette tombe à pic pour la soirée que je donne vendredi : merci !

  2. Oh la la, je suis dingue de financiers et j’adore la pistache, va falloir que j’essaie ta recette!! Hier à la TV un gars en faisait avec du thé matcha.
    Et bravo pour le titre, on s’attend à entendre parler de sous et on tombe sur de la gourmnadise pure,hummm… Que du bonheur!

  3. Tout ces souvenirs d’enfance sont si doux..
    Côté pâtisserie c’est le « gâteau aux raisins sans raisin » qui arrive au top de la liste (ce nom me fait sourire aujourd’hui mais c’était notre truc à nous, une recette aux raisins que nous faisions sans ..parce que mon frère et moi n’aimions pas les raisins dans les gâteaux, c’est aussi bête que ça!)

    Aujourd’hui je fond devant les douceurs à la pistache et aux amandes, alors cette recette je vais la tagger de suite pour pouvoir l’essayer à mon tour!
    Merci :clin

  4. Je n’aime pas les financiers (pas fan des amandes en fait, du coup le goût m’écoeure un peu) et en plus j’aime pas la pistache non plus… la fille pas relou du tout ^^ Alors poruquoi venir commenter me diras-tu? Mais pour te dire que les photos sont belles!

  5. rhooo j’adore, nan J’ADORE les pistaches… merci pour la recette, je l’essaye ce week end !!!! Tes photos sont magnifiques et me mettent l’eau a la bouche

  6. Rha les financiers, pour moi ce sont des souvenirs de lycée… une petite pâtisserie démente en plein centre de Toulouse ! Je vais tester ta recette, elle a l’air à tomber :beurre

  7. Huuuummmm dieu que ça donne faim!!

    Je trouve ce billet vraiment touchant. Il me rappel a moi aussi beaucoup de souvenirs avec mes grands parents chez qui j’étais toujours fourrée étant petite…
    j’en ai pleins d’étoiles dans les yeux d’un coup…Merci beaucoup pour cette balade dans le passé…

    Petite question : ta poudre de pistache tu la trouve ou? j’en ai cherché partout pour un dessert à nouvel an sans succès!

    1. En fait, je n’en ai jamais trouvé, j’achète des sachets de pistaches entières non salées et je les réduit en poudre. Mais même ces pistaches entières non salées on ne les trouve pas partout en dehors de certaines périodes de fêtes musulmanes durant lesquelles sont confectionné des gâteaux à base de pistaches. Lorsque mon monop refuse de m’en fournir, je vais dans des épiceries orientales qui elles en ont presque toujours.

  8. Tu as raison, quand les financiers sont réussis, ce sont des concentrés de bonheur. Rien de comparable à ce croquant-fondant !
    Mais là tout de suite je n’en ai pas sous la main et c’est une vraie torture d’y penser sans pouvoir y goûter…

  9. Mmmmmmmmmmmmmmmmmmmmh rien qu’a regarder les photos, la bonne odeur transperce l’écran…
    Ça donne faim tout ça…
    Je crois que j’ai trouvé quoi faire demain aprem’ !
    Je ne fais pas le poids avec ma recette à venir sur mon blog, de fondant au chocolat au micro onde (c’est p’tet pas de la technique de grand mère, ms qd on a pas de four ds sa chambre d’étudiant, c’est qd même plutôt délicieux !). Tu testera s’tu veux, tu me dira c’que t’en pense ! :P

  10. Miam, je suis dans une période ultra gourmande, occupant mes dimanches d’hiver à faire de la pâtisserie. Je note cette recette, il paraît qu’il fera encore froid le week-end prochain.

  11. Je suis arrivée sur ton blog par le biais de Technorati et que vois-je, un blog d’une douceur inouïe. Je tiens à te féliciter pour la qualité de ta prose et la réalisation parfaite de ces financiers. J’en ai refait il n’y a pas longtemps et bon sang, c’est vrai que c’est bon ! Merci pour le clin d’oeil.

  12. j’adore les financiers c’est toujours plus agréable de les faire soi meme sentir les odeurs :cerise
    la poudre de fève tonka se trouve facilement?

  13. Je viens de découvrir grâce à ton article le blog de cuisine campagne, et il se trouve que la créatrice du blog habite juste à côté de chez moi !
    Coïncidence plutôt sympathique, et ce blog est très intéressant également, merci donc d’avoir posté le lien :)
    PS: Tes financiers m’ont l’air très appétissants !

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