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Avec des roses pour Dominique

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Mes héros de la vraie vie, décidément, sont presque toujours des femmes. La semaine dernière, nous étions toutes les trois : ma mère, son amie L. et moi. L’activité la plus plaisante était de les regarder vivre.

Ces deux femmes se connaissent depuis si longtemps qu’on pourrait presque dire depuis toujours. Elles sont amies. Mais quand elles en parlent, on voit tout de suite que c’est bien plus que ça. D’ailleurs, si je leur pose la question, elles hésitent : « non, c’est ma sœur » disent-elles. Puis elles se ravisent, car ce n’est pas tout à fait cela non plus. Je devine aisément que c’est encore mieux. Comme si on avait rassemblé le meilleur de l’amitié et de la fraternité en une seule et même personne.

Ensemble, elles ont tout traversé. Et c’est peut-être pour ça qu’à elles deux elles ont tous les âges : je les vois tour à tour glousser comme des adolescentes et boire des verres en pleurant de rire sans que personne ne sache pourquoi, tout en se remémorant de très mauvais souvenirs. Elles partagent tout, leurs soucis de mères, leurs embarras de femmes et toutes ces peines jamais pansées qui finissent immanquablement par se pointer alors qu’on avait décidé d’en finir avec elles. Depuis ma chambre – ce sont elles qui me couchent, face à elles je ne fais pas le poids – je les entends se marrer en se brossant les dents. Elles papotent toutes les deux dans la salle de bains avant d’aller se coucher. Et le lendemain, elles se raconteront leurs bobos de la nuit ; au petit matin, le cheveu de travers entre la clope et le café. Sans aucune barrière, aussi franches que lorsqu’on se parle à soi même dans le blanc des yeux devant un miroir.

Solidaires quoi qu’il arrive, il y a entre elles cette sorte d’alliance farouche et gaie tout à la fois, d’une redoutable puissance. Elles ont la bonne humeur chevillée au corps, le rire toujours tout près des lèvres et s’amusent encore à leur âge à piétiner les fleurs, quand vient la nuit, dans le jardin des hommes qui n’étaient pas à la hauteur.

Elles sont ces femmes qui vous font dire que si c’est ça, la vie à soixante ans, à soixante dix, et sans doute même encore après… vous n’avez rien à craindre des quarante prochaines années.

C’est sûr, les rides s’accumuleront un jour sur mon visage et ce sera signe que le futur a drôlement rétréci. Mais si elles me mènent à cette fin de journée ensoleillée où j’apporterai à mon amie-soeur à moi, des roses de mon jardin pour passer quelques jours avec elle à rire et à parler, je crois que je les aime déjà, ces fissures sur ma peau dont je commence à voir la trace.

Note : Aucune allusion à l’actualité ne s’est malencontreusement glissée dans ce titre, Dominique est tout simplement le prénom de ma maman.

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33 réflexions sur “Avec des roses pour Dominique”

  1. Encore un beau moment de vie comme toi seule sais nous le conter. La vie si complexe à décortiquer, devient tout à coup si simple.

  2. Je ne me lasserais donc jamais de te lire, oh grand jamais.
    Chaque fois tu touches là où ça fait du bien et du mal à la fois. A chaque fois tu as les mots justes, ceux qu’on a au fond du coeur mais dont seules certaines personnes sont capables de sortir et de mettre en forme.
    Ce texte là me touche particulièrement car il me ramène à ma propre histoire, à celle de mon amie-soeur et moi, et encore, il n’y a pas de réel mot pour définir cette relation. Elle est mon autre moi, et on est pourtant si différentes. Peut-être que c’est ça la véritable amitié, savoir se compléter l’une et l’autre tout en restant connectées indéfiniment sur le chemin de notre vie. Nous sommes encore jeunes, dix-neuf ans exactement, et une amitié de sept ans à notre actif. Ce n’est certes pas « grand chose » aux yeux de certains, mais il y a ces personnes pour lesquelles on peut affirmer qu’elles seront dans nos vies pour toujours. Elle le sera, parce que des personnes qui terminent vos phrases lorsqu’elles sont à peine commencer ou qui n’ont besoin que de votre regard pour tout comprendre, on n’en trouve pas à chaque coin de rues.
    L’Amitié, sincère, est merveilleuse, et peut nous faire combattre même les rides les plus marquées sur notre visage.

    Je te souhaite une très bonne journée

    Mallory

  3. J’aime j’aime j’aime te lire… La semaine dernière, c’était les 30 ans de mon amie d’enfance, ma copine de toujours, et après une belle fête, pleines de rires et de larmes, j’ai reçu de jolies photos avec un petit mot qui disait le bonheur d’avoir partagé toutes ces années ensemble, et la joie de celles à venir… J’avoue que je ne sais plus bien comment définir le lien qui nous unit, c’est mon amie, c’est comme ma soeur, parce que je sais qu’elle a une place non seulement dans mon coeur, mais dans ma famille également, mes parents, mon frère, ma soeur qu’elle a vu grandir… Et la semaine dernière, en écoutant sa maman parler d’elle, j’ai mesuré la chance que j’avais de l’avoir dans ma vie… Et ton merveilleux post là-dessus, je fonds ! Bonne journée !

  4. Merci pour le partage de cette bulle de vie si douce, que tu sais si bien remodeler de mots.
    Mes rides a venir, je les attends tendrement, elles ne seront que le reflet de ma vie, des bonheurs et des tristesses. Pas d’amie-soeur pour accompagner ces rides, c’est le lot de qui ne sait poser longtemps ses valises au meme endroit, mais un mari-frere. Et c’est bien aussi.

  5. Tes photos sont magnifiques et j’ai la chance à 29 ans d’avoir 2 amies qui sont comme ta maman et son amie L. Elles me connaissent par coeur et pas besoin de se parler pour se comprendre :) je te souhaite la même chose

  6. En lisant le titre, j’ai cru que tu allais faire un article pour DSK!!!

    Rien à voir du coup, mais très joli article…

  7. Oui moi aussi je suis curieuse, pourquoi ce titre ? un clin d’oeil à qui ??
    encore une fois merci pour ces mots anne-so, même si tes textes deviennent plus rares, c’est toujours un bonheur de te lire…

  8. Oui, si la vie va comme ça, le futur peut bien se rétrécir… Et pour ces quelques moments que tu décris avec une telle délicatesse, je serais aussi prête accepter l’inacceptable… Se voir vieillir à l’unisson, partager tous ces temps forts avec une amie au long court, que j’ai aussi l’immense chance d’avoir, font paraître plus sereines les années qui nous attendent…

  9. Lorsque je lis votre billet, j’ai l’espoir que l’amitié, la vraie existe vraiment…
    Je n’ai pas encore eu le bonheur de faire sa connaissance…
    Quelle tristesse mais je ne perds pas l’espoir, un jour peut-être moi aussi rencontrer cette amie si précieuse….
    Sandra

  10. ton billet me fait penser à un petit mail reçu par une amie il y a peu de temps. Et s’il est un peu cul cul la praline, au final, il est plutôt dans le même thème :

    Un jour une jeune femme buvait du thé avec sa mère. Elles parlaient de la vie, du mariage, des responsabilités dans
    la vie et des obligations dues à l’âge adulte.

    La mère pensive, disait à sa fille : n’oublie pas tes sœurs

    Elles deviendront plus importantes au fur et à mesure que tu prendras de l’âge.
    Même si tu aimes profondément ton mari et les enfants que tu auras peut-être, tu auras toujours besoin de tes sœurs.

    Penses à les accompagner ou faire des choses avec elles de temps en temps.

    Et n’oublies pas que ‘sœurs’ veut dire toutes les femmes.
    Tes amies, tes filles, tes collègues et tous les membres féminins de ta famille.
    Tu as besoin d’elles.

    Quel drôle de conseil pensait la jeune femme.

    Je suis jeune mariée. Mon mari et la famille que nous allons créer ensemble, sera sûrement ce qui donnera tout le sens à ma vie.

    Mais elle suivait quand même les conseils de sa mère.

    Elle gardait le contact avec ses sœurs, et se faisait chaque année plus d’amies.

    Petit à petit, le temps passant, elle se rendait compte que sa mère savait ce dont elle parlait.

    Quand des mystères et des changements se produisaient dans sa vie, ses « sœurs » étaient des piliers dans sa vie.

    Le temps passe, la vie se vit, la distance sépare, les enfant grandissent, l’amour grandit et disparaît

    Les êtres aimés se meurent, les cœurs se brisent, les parents décèdent et les carrières se terminent.

    Mais…. il reste les sœurs, le temps et la distance n’y changeant rien.

    Une amie est toujours à portée de main quand tu as besoin d’elle.
    Quand tu dois traverser la vallée solitaire, il y aura des femmes dans ta vie, qui se trouveront au bord pour t’encourager, intervenir pour toi, et à la fin : t’accueillir dans leur bras.

    Parfois elles se foutent des règles, et marchent à tes côtés. Ou alors elles viennent te sortir de l’ornière.
    Amies, filles, petites-filles, belles-filles, sœurs, belles-sœurs, mères, grand-mères, tantes, nièces, voisines… toutes , elles bénissent ta vie.

    Le monde ne serait pas pareil sans cette complicité entre femmes.

    Quand nous avons commencé cette aventure « être femme », nous n’avions aucune idée des joies et peines incroyables qui
    nous attendaient.

    Ni ne savions combien nous aurions besoin les unes des autres, encore aujourd’hui.

    Les anges existent, seulement ils n’ont pas d’ailes et nous les appelons des amies.

  11. Juliette from Saigon

    « et s’amusent encore à leur âge à piétiner les fleurs, quand vient la nuit, dans le jardin des hommes qui n’étaient pas à la hauteur », magnifique ! J’adore ! Vive les femmes!

  12. Bonsoir Anne-so
    J’espere que tu vas bien…
    Les photos sont sublime, on sens le soleil jusqu’ici!
    Ton récit touche, boulverse… C’est beau de voir autant d’amour entre deux amies.

  13. Mon tout premier com sur ce blog que je trouve en tout point parfait, très en accord surtout avec ce que je recherche, à savoir un peu de douceur dans ce bas monde…
    Et ce texte me touche tout particulièrement car, ayant perdu ma maman toute petite et ne l’ayant pas vraiment connue d’ailleurs, je crois que j’aurai aimé qu’elle ressemble à la tienne ou à son amie d’ailleurs. Peut-être aussi parce qu’à bientôt 43 ans j’ai toujours 12 ans dans la tête…
    En tout cas, ton texte est magnifique. Merci

  14. Cette histoire ressemble traits pour traits à celle de ma maman à moi et à sa meilleure amie. Deux amies, deux soeurs séparées de force par la mort tragique de l’amie de ma mère il y a deux ans de cela. C’était une tragédie pour nous.

    Belle poésie.

  15. Encore un très beau texte… Dominique j’avais même pas fait le rapprochement avec l’actu, moi c’est le prénom de père.

  16. Il faut en effet songer à ces belles personnes qui nous entourent pour accepter sereinement le passage du temps.
    Comme l’une de tes lectrices, ma maman a perdu son amie-soeur il y a quelques années et pour moi encore la perte de ce joli tableau est immense.

  17. Calamity Jane

    Quel plaisir de retrouver sur tes très jolies photos les roses du jardin de ma grand-mère..

    Et quel plaisir à lire ce texte. La vie est parfois vacharde mais c’est bon de rappeler qu’elle offre aussi de beaux moments, de très belles amitiés, de belles histoires quoi..

  18. magnifique photos,et l’histoire est d’autant plus…

    J’adore ton blog c’est une référence pour moi.Je viens de débuter, pourrais tu me donner des conseils?

    Et continue à me faire sourire :)

    Sophie

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