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La plus petite plage sur la terre

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C’était le samedi matin. Pour nous, français des quatre coins de France, c’était aussi le premier jour de beau temps, les premières épaules dénudées et les parfums toujours légèrement acres des pots de crème solaire encore jamais ouverts.

Le beau temps était une fête en soi et le cueillir ainsi au petit matin, si éclatant à quelques heures d’avion seulement de notre capitale, c’était à peine croyable. Nous étions tous, je crois, dans cet état d’excitation qui caractérise les moments volés. Les bonheurs qu’on n’a pas vraiment anticipés ressemblent toujours à quelque chose comme ça. Ce petit bourdon dans la tête qui répète : on est là, punaise on est vraiment là. On passe moins de temps à en profiter qu’à constater notre incrédulité ravie.

Et puis ce bleu surnaturel. Ces bleus, ces verts, ces presque blancs… toutes les déclinaisons imaginables étaient de la partie.

C’était à Malte, il y a tout juste deux semaines. Sur la petite île de Comino, plus exactement. Comme c’est souvent le cas dans les petites îles, celles-ci son bordées de falaises. Les plages sont rares, quand elles ne sont pas tout simplement inexistantes. Comino n’échappe pas à la règle. Il n’existe ici qu’un tout petit morceau de plage. Une plage de poche. Un groupe d’une dizaine de personne s’y sentirait parfaitement proportionnel.

Mais l’île de Malte est l’une des plus densément peuplées du monde et, un peu comme s’il n’existait plus qu’une seule terrasse agréable à Paris : tout le monde s’y presse avec une sorte de frénésie. Pour gagner de l’espace, les transat grignotent sur les rochers, sur la cale, dans les sentiers qui bordent la falaise… on s’installe comme on peut, forcément pas très bien. La roche blesse les pieds. Mais l’eau, à quelques pas, réduit à néant toutes les résistances. Comme si on avait un morceau de lagon en plein cœur de Paris.

Elle était froide, pourtant. Sans doute pas plus de dix sept ou dix huit degrés. Mais on s’en fichait. On a barboté le souffle un peu coupé, fait quelques brasses et mis la tête sous l’eau. Nos vies d’adultes manquent quelquefois d’insouciance et elle était là, justement l’insouciance. Dans l’eau du Blue Lagoon, à Comino. Pour une heure ou deux, à nous entièrement.

Alors on a fait ce qu’il fallait faire, on l’a cueillie. On s’est extasiés sur l’eau, sur les franges turquoises qui bordent les falaises, et sur les jeux de lumières aux abords des arches de pierre auxquelles on peut accéder par bateau. C’était sans doute la plus petite plage sur la terre, mais elle avait à ce moment là la taille exacte de la joie vivre.

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16 réflexions sur “La plus petite plage sur la terre”

  1. Je ne suis pas fan des transats montés les uns sur les autres. Mais avec une eau aussi transparente… j’oublierai vite ce petit détail. C’est tellement beau !

  2. Christelle J.

    parfois l’on part chercher loin loin loin ce que l’on a tout près… quelle chance de vivre en Europe ! merci pour ce très joli billet, toujours aussi délicat et poétique. j’aime te lire !

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